Aller au contenu principal
Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques

Espace adhérents

Les communautés autochtones se mobilisent contre l’ICE aux États-Unis

publiée le 19/02/2026 par CSIA-Nitassinan

La police de l’immigration et des frontières, ICE, envoyée par le gouvernement Trump dans les États démocrates pour soi-disant arrêter les délinquants en situation irrégulière, a déjà fait plusieurs victimes, parmi lesquelles les assassinats de Renee Nicole Good et Alex Pretti à Minneapolis. Les autochtones, également victimes de cette politique répressive illégale, élèvent leurs voix contre l’ICE et ses agissements. Aujourd’hui, la presse locale nous permet d’être au courant des violations de droits fondamentaux dont sont victimes
les autochtones, notamment à Minneapolis, où des arrestations arbitraires ont lieu à l’encontre de ces personnes à la double citoyenneté américaine et tribale depuis 1924. Le CSIA vous invite à vous pencher sur ce sujet, au moyen de la traduction de différentes sources médiatiques.

Native Bidaské : Federal ICE Activity in Minneapolis : Ruth Buffalo’s Perspective
Native Bidaské : Activités fédérales de l’ICE à Minneapolis : le point de vue de Ruth Buffalo, interview diffusée en direct le 16 janvier 2026, vidéo disponible ici.

Ruth Anna Buffalo, présidente du Minnesota Indian Women’s Resource Center, s’exprime concernant le harcèlement dont sont victimes les autochtones de la part de l’ICE au Minnesota. Les autochtones sont des citoyens américains, et des citoyens de leurs tribus respectives. Certains d’entre eux sont tout de même arrêtés par l’ICE, et la situation continue de s’aggraver chaque jour dans la région. Une coordination est en train d’être mise en place, notamment à Minneapolis, en réponse à une violence agressive
et au recours excessif à la force par les agents fédéraux de l’ICE. Minneapolis abrite entre 34 000 et 35 000 autochtones ; c’est une des principales villes à forte population d’autochtones, avec 155 tribus différentes présentes dans la région. C’est également le berceau de l’American Indian Movement (AIM) de 1968. L’AIM a été créé en réaction aux brutalités policières et, depuis des décennies, ils ont mis en place des patrouilles de quartier, qui circulent aujourd’hui pour veiller à la sécurité et à la protection de chacun.

Oglala Sioux Tribe Rejects ICE Conditions for Information on Detained Members (La tribu Sioux Oglala rejette les conditions imposées par l’ICE pour obtenir des informations sur ses membres détenus), publié le 15 janvier 2026, disponibleici.

Les dirigeants de la tribu Sioux Oglala exigent la libération immédiate des citoyens de la tribu détenus par les services américains de l’immigration et des douanes (ICE) et s’opposent aux conditions imposées par le gouvernement fédéral pour obtenir des informations sur leur localisation.
Le président de la tribu, Frank Star Comes Out, a déclaré dans un mémorandum adressé aux responsables du département de la Sécurité intérieure que trois des quatre membres de la tribu arrêtés lors d’une opération de contrôle de l’immigration à Minneapolis sont toujours détenus par l’ICE dans les locaux de Fort Snelling, un site chargé d’histoire pour les peuples autochtones. L’un des quatre a depuis été libéré.
Comes Out a déclaré que la tribu avait demandé aux autorités fédérales des informations détaillées sur l’identité et le statut juridique des détenus, mais qu’elle n’avait obtenu que leurs prénoms, et qu’on lui avait dit que des informations supplémentaires ne seraient divulguées que si la tribu acceptait de conclure un « accord
d’immigration » officiel avec l’ICE. Les responsables de la tribu ont déclaré qu’ils n’avaient pas l’intention de
signer un tel accord. Les chefs tribaux ont qualifié cette condition d’atteinte inacceptable à la souveraineté des
peuples autochtones, affirmant que les traités entre le gouvernement fédéral et les nations souveraines ne permettent pas aux agences fédérales d’imposer des mesures d’application de la loi en matière d’immigration comme condition préalable à la transparence.
Les responsables tribaux demandent des consultations directes entre les deux gouvernements et des garanties écrites que les citoyens autochtones inscrits ne feront plus l’objet de détentions pour des raisons liées à l’immigration à l’avenir.

Chase addresses I.C.E In Minneapolis on Native Roots Radio (Chase s’exprime sur l’ICE à Minneapolis sur Native Roots Radio), diffusée en direct le 14 janvier 2026, vidéo disponible ici.

Chase Iron Eyes, directeur exécutif du Lakota Law and Sacred Defense Fund, s’exprime sur la situation actuelle liée aux opérations de l’ICE dans la région du Minnesota. « L’ICE ne cherche pas à débusquer des criminels, des personnes indésirables, ni toute autre étiquette que l’administration utile ; ce qui les intéresse, c’est de viser les personnes non-blanches. Ils rendent floue la frontière entre la loi et l’ordre. »
Selon lui, il s’agit d’une stratégie du gouvernement fédéral pour provoquer des troubles civils et mener une attaque non seulement physique mais aussi psychologique, à l’encontre des femmes, des enfants et des familles. Il appelle à une prise de conscience de tous les américains, pour s’opposer à une telle violence systémique.

Trump’s ICE KIDNAPS Native Americans in Minneapolis : "WE ARE AMERICA (Les
agents de l’ICE de Trump enlèvent des autochtones à Minneapolis : « NOUS SOMMES L’AMÉRIQUE ! », diffusée le 16 janvier 2026, vidéo disponible ici.

Chase Iron Eyes, présent lors des manifestations contre l’ICE à Minneapolis, s’exprime sur la nécessité d’une Amérique unie face à la violence. « Ce que l’Amérique découvre aujourd’hui, c’est que la même colonie, qui a exproprié de leurs terres, déshumanisé et dépouillé de leurs droits les tribus autochtones, est aujourd’hui à
l’œuvre pour affronter tout le monde. Ils tirent sur des familles américaines pacifiques, ils s’en prennent aux
manifestants américains pacifiques de tous horizons. »
Plus que tout, il rappelle que les autochtones sont les premiers peuples d’Amérique, et qu’il est totalement inconcevable qu’ils se fassent viser par des politiques anti-migratoires, et emprisonner sur ce fondement.

NARF Condemns ICE Actions, Says Native Americans Unlawfully Detained (Le NARF condamne les actions de l’ICE et affirme que les Amérindiens sont détenus illégalement), publié le 16 janvier 2026, disponibleici.

Le Native American Rights Fund, NARF (Fonds pour les droits des Autochtones des Amériques), condamne ce qu’il qualifie d’actions illégales de la part des services américains de l’immigration et des douanes, affirmant que les autochtones et d’autres personnes font l’objet d’un profilage racial, sont détenus illégalement et
soumis à une force excessive.
« Les autochtones, premiers peuples de cette terre, font partie de ceux qui sont enlevés et détenus », a déclaré l’organisation, ajoutant que de telles actions violent les traités ainsi que les droits constitutionnels et civils des peuples autochtones. « Il est difficile de ne pas voir l’ironie qu’il y a à enfermer les premiers habitants de ce territoire dans le cadre d’une opération de contrôle de l’immigration », a déclaré John Echohawk, directeur exécutif du NARF. « Cela témoigne du profilage racial qui a lieu, et nous refusons de rester les bras croisés pendant que le gouvernement américain enlève des autochtones. »
L’organisation a également déclaré que les agents de l’ICE mettaient en danger les personnes qui exerçaient leurs droits constitutionnels de manifester et de se réunir pacifiquement.

Federal Judge Orders ICE to Halt Use of Pepper Spray, Arrests of Peaceful Protesters in Twin Cities (Un juge fédéral ordonne à l’ICE de cesser d’utiliser du gaz poivré et d’arrêter les manifestants pacifiques dans les villes jumelles), publié le 16 janvier 2026, disponible ici.

Kate Menendez, juge fédérale du Minnesota, nommée par Biden et basée à Minneapolis, a émis le 16 janvier 2025 une injonction préliminaire interdisant aux agents fédéraux présents dans les villes jumelles et leurs environs d’arrêter des manifestants pacifiques ou d’utiliser des munitions non létales et d’autres moyens de
contrôle des foules à leur encontre. L’ordonnance de Menendez interdit aux responsables de la sécurité
intérieure et de l’ICE impliqués dans l’opération Metro Surge « d’utiliser des bombes lacrymogènes ou des
munitions non létales similaires et des outils de dispersion des foules contre des personnes qui participent à des activités de protestation pacifiques et sans obstruction ». La juge a également interdit aux agents fédéraux d’arrêter les véhicules qui les suivent, à condition que ces véhicules maintiennent une distance « appropriée » et sûre. « Le fait de suivre en toute sécurité les agents à une distance appropriée ne crée pas en soi un soupçon raisonnable justifiant l’arrêt d’un véhicule ».