publiée le 18/09/2025 par

Début septembre, Paris a accueilli une délégation de l’APIB (Articulation des Peuples Autochtones du Brésil), dans le cadre d’une tournée européenne organisée en amont de la COP30. Cette mobilisation s’inscrit dans un moment politique clé, alors que les voix autochtones réclament plus que jamais la reconnaissance de leurs droits, la démarcation de leurs territoires et la fin des politiques extractivistes qui menacent leurs vies et les écosystèmes dont iels sont les gardien·nes.
La délégation, composée de Dinamam Tuxá, Luana Kaingang, Otacir Terena, Fabiano Awa Mitan et Wuriu Manchineri, est venue témoigner pour alerter le monde sur la situation problématique au Brésil. Les représentant·es des peuples autochtones dénoncent l’accord Mercosur et alertent sur les menaces qui résulteraient de la mise en œuvre du règlement européen sur la déforestation importée (EUDR), s’il ne prend pas en compte les droits des peuples autochtones.
Les représentant·es rapportent les conséquences de lois parlementaires favorisant l’agrobusiness. En autorisant l’augmentation de la production, dans le cadre de l’accord Mercosur, les peuples autochtones finissent par être expulsés de leurs propres territoires. Ces politiques provoquent la déforestation, la surexploitation des terres brésiliennes et entrainent une hausse de mortalité.
Cette situation se manifeste aussi comme un problème de santé publique, notamment à cause de l’utilisation des pesticides. Ces derniers contaminent les populations, les fleuves, et la terre. Des enfants et des personnes âgées en meurent.
La délégation alerte sur l’absence de consultation des représentant·es autochtones dans le processus de décision lié à la gestion de leurs propres territoires. Ils sont pourtant les premiers touchés par l’expansion de la production du pays, et sont les premiers à s’y opposer.
Ils insistent sur notre rôle à jouer : faire pression individuellement sur les parlementaires pour qu’ils se positionnent contre l’accord. Ils appellent aussi à lutter en refusant d’acheter des produits qui proviennent de territoires exploités illégalement. L’engagement de la société civile aux côtés des populations autochtones est essentiel pour que leurs voix soient entendues. Nous devons résister ensemble à la politique répressive dont les peuples autochtones sont les premières victimes. La justice sociale, économique et environnementale nous concerne toutes et tous.
La COP, événement très attendu offre malheureusement peu d’espace d’expression pour les représentant.es autochtones. Ces derniers ont besoin du soutien de l’ensemble des acteurs militants pour faire comprendre la réalité de leur situation. En tant qu’organisation française, nous avons la légitimité d’interpeler le gouvernement brésilien sur la mise en œuvre de l’accord, puisque nous sommes également impactés par cet accord.
Les membres de la délégation mettent aussi en lumière l’interdépendance entre les territoires, la nature est connectée et indivisible, les problèmes environnementaux impactent chaque région.
Suite à cette rencontre, et à l’occasion de la Journée internationale de l’Amazonie, une installation monumentale baptisée Amazonia a été organisée par Greenpeace, portée par les témoignages des représentant·es de l’APIB. Cette mobilisation a permis de visibiliser leur lutte en plein cœur de la capitale, en lien avec les actions qui se sont également tenues à Bruxelles, Amsterdam et Berlin.



